Mes études

Exposé : Les affiches de Science-fiction.

Introduction :

Selon Larousse, la SF est un genre littéraire et cinématographique qui invente des mondes, des sociétés et des êtres situés dans des espaces-temps fictifs (souvent futurs), impliquant des sciences, des technologies et des situations radicalement différentes.

Il y a donc une notion d’anticipation qui marque une brèche entre notre réalité et un éventuel futur technologique. Ce peut être un récit de fiction futuriste lointain avec de nombreux rebondissements comme dans le Space Opera.  Tandis que dans le cas de l’uchronie, il s’agit d’une fracture de notre histoire avec un univers parallèle. Dans certains types de SF tels que la dystopie ou le post-apocalyptique, le monde est représenté comme sombre. 

Ce type de film comporte un double message (littéral et figuré voire allégorique). En effet, les réalisateurs, par la mise en scène de la technologie, de la science ou la mise en place d’un monde parallèle, nous font passer un message. De ce fait, est-ce que nos affiches, dont le rôle premier est de promouvoir les films, font-elles également passer ce message ? Le “teasing” (comme on dit en communication commerciale) l’emporte-t-il sur un encodage des connotations liées au message de l’œuvre  ? 

I) La SF promue comme nouveau monde… 

L’objectif d’une affiche de cinéma est avant tout de vanter la qualité et l’intérêt d’un film et d’attirer des spectateurs. Souvent de manière “spectaculaire”. L’objectif dans le cas de la science-fiction est de pouvoir toucher un public plus large que celui lié aux stéréotypes du genre. Nous allons déduire par notre analyse sémiologique les éléments qui nous donnent envie d’aller voir ces films. 

Alien.

Il y a un espace entre les lettres du titre qui donne un effet de mouvement. On a l’impression que les lettres s’’éparpillent horizontalement en laissant un vide. Le terme Alien signifie “étranger” et donc l’inconnu.  Les lettres blanches sur le fond noir le mettent en valeur.

La catchline annonce le thème du film par sa fonction relais “Dans l’espace personne ne peut t’entendre crier”, cela crée un suspense.

L’icône centrale est un œuf fendu sur le bas, il dégage de la fumée couleur verte (synonyme du mystère). Il a une texture similaire à la roche lunaire. Il y a encore une notion spatiale. La fumée semble dessiner une forme inconnue. En dessous, il y a comme un champ avec des trous enfoncés sur toute sa surface. Est-ce qu’il y avait des œufs? Où sont-ils? Ont-ils déjà éclos? Indirectement, il y a la présence des entités hors-champs. On peut relier ça avec la lumière le l’œuf (qui est en train d’éclore d’un alien).

Il y a la ligne de force verticale et les lignes diagonales qui marquent la profondeur en suivant l’éclairage et qui se relie vers le point d’ancrage (sur l’œuf).

Cette affiche met en valeur le mystère et la peur de l’inconnu à propos du sujet du film.  Nous pourrions penser que la terreur qui se dégage dans le mystère de l’ombre et de la catchline serait susceptible d’attirer le public friand d’horreur et de suspense.

La Cité des enfants perdus.

Le titre La Cité des Enfants Perdus est un titre à fonction d’ancrage qui par sa couleur, sa forme particulière et son message annonce déjà quelque chose de lugubre. La couleur est jaune pâle ça contraste avec l’arrière-plant sombre. Les lettres sont hautes et très rapprochées comme si elles simulaient l’angoisse, quand on a peur on a tendance à se rapprocher des autres. Également, les lettrines accentuent les mots clés du titre : “cite”, “enfants” et “perdus”, trois mots qui amènent à penser à l’enlèvement d’enfants. On pourrait comparer Hansel et Gretel qui se sont perdus en forêt et ont manqué de se faire manger, ainsi que Peter Pan qui emmène des enfants sur une île perdue.

Cependant l’ambiance n’est pas à l’image d’un conte féerique, mais à l’image d’un conte horrifique.

Une impression renforcée par le paysage. On se situe au milieu de l’océan sans rien à l’horizon mise à part un château sinistre sur pilotis qui coupe l’image en deux de sa hauteur et se fond dans le ciel nuageux. Vers le bas de l’image, autant à droite qu’à gauche, on retrouve des mines à pique numérotées qui flottent à la surface de l’eau.  A elles trois, elles forment comme un portail, elles sont menaçantes ayant un effet dissuasif

Ce qui attire le plus notre attention sur l’affiche, c’est la barque rouge ; une couleur signifiant le sang et le danger. Dans cette barque, on distingue deux personnages : une petite fille brune avec une robe rouge, et un homme roux, robuste qui rame. Ils sont dos à dos mais ont chacun la tête tournée dans la direction de l’autre : l’homme regarde vers la droite (vers l’avenir), dans la direction qu’emprunte la chaloupe tandis que la petite fille regarde en hors-champ vers la gauche (vers le passé). Avec la lumière artificielle qui reflète sur l’eau et le visage de l’homme, on comprend qu’ils sont en train de fuir et leur barque s’apprête à traverser le portail de mines. D’ailleurs, au-delà de ce champ de mine, c’est la lumière naturelle de la lune qui se reflète sur l’eau ; les personnages se dirigent vers un horizon plus libre et naturel. 

Donc pour résumé : un enfant s’échappe de ce qui pourrait être la cité des enfants perdus, présence de couleurs sombres, on se pose des questions : qu’est-ce-qu’ils fuient ? Pourquoi ils fuient ? Comment réussissent-ils à s’enfuir ?

→ Ici, l’affiche nous vend un film en utilisant le suspense et l’angoisse. Ce paysage donne froid dans le dos pourtant on veut connaître la réponse à toutes nos questions.

⇒ Entre ces deux affiches, on remarque donc des similitudes dans la stratégie publicitaire. Forte présence de couleur sombre et que de petite ouvertures de lumière. Les deux misent avant tout sur l’angoisse que ça inspire au spectateur, ainsi que le suspense ; on se pose beaucoup de questions sur le pourquoi du comment. 

Star Wars.

Le titre “Le retour du Jedi” montre qu’il s’agit d’une suite. Il est encadré par la titre de la saga “La guerre des étoiles” qui annonce déjà le sujet :  l’action spatiale. Ces titres ont une fonction d’ancrage.

Nous avons un plan général avec une superposition de nombreux personnages et de créatures que l’on n’identifie pas. Il y a quatre personnages au centre. Une fille au premier plan avec des vêtements légers (ce qui peut attirer un certain public). Il y a deux garçons au-dessus en position de combat portant une arme chacun. Il y a aussi des vaisseaux à l’arrière-plan qui sont en train de tirer sur d’autres vaisseaux. Ça veut dire qu’il va y avoir de l’action en face à face et dans les airs. Le dernier personnage en haut à l’arrière-plan ressemble à un robot, il domine par sa position en contre plongée, il est le plus sombre (c’est peut-être le méchant). Derrière lui, il y a une forme de planète détruite.  Ça donne l’idée d’une aventure spectaculaire.

La ligne de force verticale nous montre les personnages importants de la saga. Il y en a une autre sur le sabre laser qui attire l’attention par sa lumière. Le sabre divise l’image en deux groupes de couleurs : chaudes et froides comme le combat entre l’ombre et la lumière. Luke semble entouré par le même champ de force que le sabre. 

 Il y a un jeu de regard en hors champs : Luke regarde vers le haut et Han droit devant lui ce qui nous plonge dans l’action tandis que Leia nous regarde comme pour nous inviter à prendre part à cette aventure. 

→ Le film est promu comme une aventure épique avec des batailles, des gentils/méchants, des aventures spatiales, un sabre laser et peut être une magie inconnue. Tout tourne autour de l’action et du mouvement. En plus d’attirer le public des précédents films, les signes visuels sont susceptibles d’attirer un public inconnu à la saga et voir même de promouvoir les films précédents. 

Avatar.

Avatar. Le sens premier du titre serait : le personnage virtuel d’un utilisateur quelconque ; terme informatique. C’est un titre à fonction relais qui nous permet de comprendre qui sont les deux personnages en haut de l’affiche. On trouve un homme de type caucasien, le visage sérieux, presque pensif et une coiffure de militaire. Il regarde de profil et sa tête cache une partie du visage deuxième personnage, on dirait qu’ils fusionnent comme un utilisateur fusionnerait avec son avatar. Donc à gauche, on retrouve une anthropomorphe aux traits féminins. Elle est de couleur bleu et son nez aux formes de félins parsemené de tâche blanche imitant les étoiles, elle se fond dans le ciel bleu nuit. Son oeil particulièrement rond et jaune regarde droit devant, il nous fixe avec défi comme si nous étions sont ennemis, nous, terrien. Ou alors elle nous regarde comme on regarde dans un miroir et c’est notre propre avatar.

 Le paysage autour nous est totalement inconnu, peut-être sommes nous dans un monde virtuel ou sur une planète éloignée de la nôtre : on retrouve à notre hauteur des rochers flottants et une créature volante dont le cavalier semble regarder vers les trois hélicoptère à gauche, qui arrive du ciel. Pour le coup, ces vaisseaux nous sont familiers, tout comme celui à droite qui vole en solitaire. Ils se fondent pourtant dans le décor en adoptant l’allure de la créature.

Les couleurs sont majoritairement le bleu du ciel et le vert de la forêt tropicale, mais on repère du jaune entre l’oeil et la créature volante ; il y a une ambiance spirituelle et mystique. Sur la même ligne horizontale que les rochers flottants et la créature, on a la lumière du soleil levant qui peut s’interpréter comme un nouveau jour, et ici, comme un nouveau monde. A eux trois, ils se situent entre ciel et terre, démarquant les deux éléments l’un de l’autre.

Sans avoir vu le film, on peut relier l’homme aux hélicoptères militaires terriens, tandis que l’anthropomorphe serait une autochtone de ce nouveau monde étant donné qu’elle se fond dans le décors : elle est bleu comme la nuit avec des yeux de hiboux et un nez de prédateur. 

Aussi, il est important de noter les deux phrases d’accroche qui sont purement publicitaire. La première juste au-dessus du titre “Entrez dans le monde”, qui est une invitation explicite à céder à notre curiosité. Et la deuxième en tête d’affiche “Par les réalisateurs de Titanic” qui a pour but d’attirer le public du réalisateur James Cameron, mais surtout le public de Titanic, qui est le troisième box-office mondial.

→ Ici, l’affiche publicitaire mise sur l’imaginaire et fait travailler notre curiosité. A travers l’image on nous propose un nouveau monde mystérieux avec une faune et une flore qu’on n’a jamais vu, et qu’on ne découvrira qu’en allant voir le film !

⇒ On peut mettre ces deux affiches en comparaison car elles nous présentent un univers qu’on ne connaît pas. Il y a dessus la présence de créatures inconnues. In medias res parce que Star Wars c’est une suite + action. Avatar la Na’vi nous regarde comme si on était dedans, avec un casque de vision 3D,  pareil pour Leia elle nous invite à participer à l’aventure.

On ne connaîtra pas le monde sans voir le film. L’action, l’épique. 

E.T.

Le titre E.T. est au centre de l’image, il  brille comme une étoile dans l’espace. En dessous, on peut lire l’Extra-Terrestre, dont E.T. est l’acronyme. C’est un titre relais qui nous informe sur le sujet principal du film. Il y a deux catchline qui font la paire pour renforcer l’information. “Il est effrayé, il est seul, il est à 3 millions d’années de chez lui.” nous explique la condition de cet extra-terrestre, tandis que la seconde sur le haut de l’image nous annonce   “Son aventure sur Terre”. Nous avons aussi le nom du  réalisateur “Spielberg”, avantage pour attirer son public fidèle.

Nous retrouvons l’espace, la galaxie en arrière-plan et la Terre en bas de l’affiche. Notre point de vue en plongée est subjectif, c’est celui de E.T. qui est en train de faire voile vers la Terre.  Il y a aussi deux mains qui se touchent, celle de droite est une main d’un enfant humain  et celle de gauche est étrangère celle de l’E.T. Face aux mains, nous sommes à hauteur d’homme, ça nous plonge dans l’aventure comme premier témoin de cette rencontre. A l’endroit où les deux doigts se touchent jaillit de la lumière qui semble créer une connexion. On peut d’ailleurs en faire la comparaison avec la fresque La Création d’ Adam de Michel-Ange sur le plafond de la chapelle Sixtine. 

Les couleurs sont majoritairement sombres ce qui met en relief les mains éclairées par la lumière blanche du titre et le bleu de la terre. Nous avons une part de mystère, les bras se prolongent hors-champ, ce qui nous pousse à en savoir plus.

→ Cette affiche nous fait la promotion de l’arrivée d’un extraterrestre sur terre qui rencontre un enfant et qui semble être perdu, la seule question à se poser est qu’adviendra-t-il de lui? Elle remplit donc les conditions pour attirer l’œil d’un public (les amateurs de SF comme les enfants).

Retour vers le futur.

Le titre Back To The Future (= Retour vers le futur) est une antithèse. Il oppose les mots “back” et “future” (ça marche aussi en français) tout en les mettant en relation, pourtant on aurait tendance à parler de “retour dans le passé”, rarement dans le futur. La police de l’écriture suit la direction qu’elle indique : “back” penche vers la gauche tandis que “future” penche vers la droite

C’est un titre à fonction de relais, tout comme le slogan qui traduit en français donne “Il n’est jamais à l’heure pour l’école… Il n’est jamais à l’heure pour le dîner… Un jour, il se retrouve complètement hors du temps.”. Ces signes linguistiques nous promettent quelque chose de comique et d’improbable. Comment le garçon qui n’est jamais à l’heure, se retrouve avec des années d’avances ?

Le garçon en question est habillé à la mode de son siècle mais à côté d’une voiture très futuriste dont s’échappe beaucoup de lumière blanche. Le personnage a une posture cocasse : il a une jambe qui disparaît dans la lumière de la voiture, son poignet est relevé et aux vues de l’heure, il à l’air paniqué. Ça coïncide avec le slogan : il est encore en retard.

Ceci-dit, avec cette lumière éclatante, à tout moment le garçon est aspiré par la voiture et se volatilise au volant de cette machine à remonter le temps. D’autant qu’on est à hauteur d’homme, on a encore plus l’impression de faire face à l’action. Cette idée se confirme avec les deux lignes de feu qui rappellent les couleurs du titre, mais également qui caractérise l’action elle-même. Ces couleurs chaudes s’opposent à la froideur bleu de la nuit. 

→ Cette affiche joue donc principalement sur le comique de la situation, mais surtout sur l’action. On trouve des jets de lumière, de la fumée, des flammes, un potentiel retard donc de la vitesse : on nous promet un film explosif. Un film qui plus est, présenté par Steven Spielberg, un très grand réalisateur de blockbuster, une information notée pour attirer son fidèle public.

⇒ Une avancée très futuriste : le voyage dans le temps + la découverte d’autres formes de vie ? On y croit ? C’est positif ? Ou négatif ? 

Métropolis.

Le titre Metropolis veut dire cité-mère. L’initiale, parfaite, celle dont tout le monde doit s’inspirer. Il est en lettres capitales rouges, dédoublé sur les côtés de l’affiche. Sa couleur contraste avec les couleurs grises/blanches de l’image. 

Il y a un humanoïde gris et froid qui ne transperce aucune émotion, on l’impression qu’il protège quelque chose, mais on ne sait pas quoi. C’est un premier questionnement pour les spectateurs. Son aspect est métallique, tel un robot, on est déjà dans un contexte futuriste. La ville à l’arrière-plan est en contre-plongée ce qui lui donne une certaine grandeur, elle est impressionnante et proche du ciel comme le paradis

Il y a des faisceaux lumineux. Tandis que ceux de la ville l’illumine pour l’embellir, ceux à l’arrière du robot sont davantage des lumières de surveillance de la nuit, comme s’il y avait des patrouilles.  On se demande pourquoi, ce qu’elle cache. Le robot est à hauteur d’homme face à nous, il nous implique dans l’histoire pas son regard direct; est-ce que cela signifie qu’avant d’accéder à la ville nous allons devoir nous confronter au robot? Et dans ce cas, que nous réserve-t-il?

Le dessin est très cadré, les lignes de force verticales sont très droites, cela montre une structure presque parfaite en rappelle avec l’utopie qu’annonce le titre. 

→ L’affiche paraît de prime abord pauvre en informations mais les détails sont en réalité plus subtils. Comme dans un incipit suspensif, les informations sont floues, voire contradictoires, ce qui pousse le spectateur à en savoir plus. Nous conservons tout de même l’audience des amateurs de science-fiction grâce aux robots et à la ville futuriste de l’arrière-plan. 

=> Cette première partie nous démontre que les affiches ont donc bien pour but d’exercer une action psychologique sur le public à des fins commerciales, spécialement, de faire connaître un produit et d’inciter à l’acquérir.

II) ….et son impact indirect sur notre perception de la réalité

En plus de représenter un modèle de narration avec des codes particuliers et d’attiser notre curiosité avec des avancées technologiques et scientifiques, sa vision très futuriste peut également avoir un rôle d’avertissement. Comme on a pu le voir plus tôt, les affiches nous  proposent parfois des ambiances très sombres avec une volonté anxiogène : derrière la publicité, la SF cherche à anticiper l’évolution de notre société et glisse des messages cachés selon le contexte historique.

  1. L’anticipation 

Alien.

C’est un film de science-fiction horrifique américain réalisé par Ridley Scott sorti en 1979.

Synopsis : L’intrigue tourne autour de la lutte entreprise par l’équipage d’un cargo spatial face à une créature extraterrestre inconnue et agressive qui chasse les sept membres du vaisseau pour les tuer. Le titre du film se réfère d’ailleurs à cet antagoniste principal.

Aux sujets des signes linguistiques : les lettres majuscules très espacées du titre prennent de la place dans l’affiche et montrent la puissance de l’entité. Les lettres dominent le vide comme l’Alien domine. La catchline sous-entend que l’espace c’est silencieux, dangereux, qu’on ne peut venir vous y sauver.  Si l’homme voyage dans l’espace inconnu, qui sait ce qu’il peut arriver?

En reprenant l’icône de l’œuf, on y retrouve un paradoxe entre l’éclosion, la naissance pour annoncer la vie et l’entité qui va en sortir à priori dangereuse qui annonce donc la mort. 

Selon l’historien médiéviste Michel Pastoureau, le vert représente le diable, le mal (ici la fumée). Comme dans la franchise Disney pour les personnages de Maléfique ou de Raspoutine entourés de magie verte. Le vert est complémentaire du noir pour le ressenti du danger, de l’inconnu et de l’angoisse.

Enfin la déchirure par la verticale nous mène vers une partie inconnue de l’univers,  montre que nous ne sommes pas seuls. 

→ Finalement, les signes nous mettent en garde sur un possible égoïsme de l’humanité. Nous pensons être seul ou nous agissons comme tel mais ce n’est pas le cas. Selon Walter Hill, le producteur, le sujet d’Alien ne serait pas le monstre, mais les entreprises humaines qui ont permis sa naissance. De fait, à vouloir trop savoir et trop explorer, nous pourrions causer notre propre perte. 

Avatar.

Avatar est un film américain réalisé par James Cameron et sorti en 2009.

L’histoire traite de la planète Pandora (exolune de la fiction) qui est le  théâtre du choc entre : des humains venus exploiter un minerai rare susceptible de résoudre la crise énergétique sur Terre, et la population autochtone (les Na’vis) qui vivent en parfaite symbiose avec leur environnement et tentent de se défendre face à l’invasion militarisée.

Le titre Avatar vient du sanskrit “Avatâra”, qui signifie descente sur la terre d’une divinité. Prenant l’apparence de Na’vi à partir d’avatar, les Hommes venus du ciel se prennent plus ou moins pour des Dieux face à cette population qu’ils traitent de sauvages. Ils tentent de communiquer avec le peuple autochtone mais leur but premier est la conquête de ces terres pour disposer des ressources naturelles. Ici, l’homme se croit le seul en droit d’agir sur les autres. 

Sur l’affiche, cela se remarque par la superposition du visage humain sur celui de la Na’vi. L’intrusion militarisée est d’ailleurs mise en avant par la similarité entre les hélicoptères de l’homme et les créatures de Pandora. La couleur bleu, synonyme de justice, explique pourquoi cette couleur se rapporte aux Na’vi, et pourquoi elle ne convient pas à l’Homme, injuste et égoïste.

→ Dans cette image, il y a une vraie dénonciation de la conquête de l’homme, par tous les moyens :  scientifique (par l’avatar) et par la force (avec les armes). Sur terre ou ailleurs, cela fonctionne puisque le problème se répète dans l’histoire humaine de la conquête.

Retour vers le futur.

Comment on l’a relevé dans la première partie, c’est un film qui raconte une grande avancée scientifique : le voyage dans le temps. L’histoire tourne autour du jeune Marty McFly qui vivait normalement jusqu’à ce qu’il aide son ami surnommé “Doc” pour une expérience de voyage dans le temps. Le protagoniste est soudainement envoyé dans le passé, à l’époque où ses parents ne sont que des lycéens. Par mégarde, il intervient dans leur vie d’adolescent et manque d’empêcher leur rencontre, et donc, sa naissance. 

A première vue, la mauvaise posture du personnage sur l’affiche semble être en lien avec la catchline et ses habitudes à être en retard, mais on peut supposer que son expression faciale en dit plus. Peut-être commet-il une erreur en voyageant dans le passé puis dans le futur. Les flammes peuvent signifier l’action, mais peut-être aussi le feu des hommes qui ne cessent de vouloir tout créer, tout tenter, tout risquer. Ça peut laisser sous-entendre que cette avancée scientifique est dangereuse, le temps est quelque chose de complexe et jouer avec n’est peut-être pas la meilleure des idées. Le film anticipe les conséquences dangereuses ; à effet d’avertissement.

E.T.

Le film raconte l’histoire d’Elliot, un petit garçon solitaire qui se lie d’amitié avec un extraterrestre abandonné sur Terre

L’affiche et le titre nous proposent l’histoire d’un extra-terrestre, une forme de vie dont nous n’avons pas encore prouvé l’existence. Le film anticipe donc d’autres formes de vie dans la galaxie, en nous présentant E.T. comme perdu et non-agressif : ça laisse entendre qu’on peut s’entraider pacifiquement.

Ceci-dit, la référence à la Création de Adam peut aussi avoir une signification. Une théorie athéiste a été émise qui dit que  à l’origine, le doigt de Dieu et d’ Adam se touchait, mais les cardinaux administrateur auraient exigé qu’ils soient éloignés. Le doigt de Dieu est tendu, mais pas celui d’Adam parce qu’il appartient aux Hommes de décider à croire en Dieu ou pas. Ainsi la décision d’y croire appartient aux hommes, de la même manière que la décision de croire aux extra-terrestre leur appartient. 

Les réalisateurs du film avancent l’idée que nous ne sommes pas seuls, à nous d’y croire, ou pas. 

  1. Le message derrière le contexte

Star Wars.

Traduit en français, le titre Star Wars signifie “la guerre des étoiles”. En sachant que ce film est sorti en 1983, c’est-à-dire en pleine Guerre Froide, on peut supposer qu’il y a une concordance avec le contexte historique et politique. Durant la Guerre Froide, la Course à l’espace est une des compétitions les plus importantes qui opposent les Etats-Unis et l’Union Soviétique dans le domaine astronautique. D’ailleurs à ce propos, deux mois avant la sortie de ce deuxième volet de la saga Star Wars, le Président de l’époque Ronald Reagan a lancé le programme “Initiative de défense stratégique”, surnommé par la suite “Guerre des étoiles”. Le président Reagan aurait lui-même employé le terme “Empire du mal” (terme issu de Star Wars) pour parler de l’Empire Soviétique.

On se rappelle de la figure de Dark Vador qui surplombe l’image, encadré de vaisseaux (et le triangle ascendant qui donne une impression d’insécurité). Sur l’affiche comme dans la réalité, on a cette idée du combat du bien contre le mal ; Luke Skywalker et ses amis contre le méchant Dark Vador, puis les Etats-Unis considéré comme les sauveurs du monde libre, contre l’URSS communiste.

Metropolis.

Metropolis est un film de science-fiction allemand réalisé par Fritz Lang, sorti en 1927.

Synopsis : Au XXIe siècle, une métropole à l’architecture fantastique vit sous le joug d’un groupe de tyrans. Les aristocrates se prélassent et se divertissent dans de somptueuses demeures et de jardins luxuriants, tandis que la grande masse de la population travaille, dort et survit durement dans les profondeurs de la terre. Un savant invente une femme-robot qui doit détourner les opprimés de la révolte qui gronde.

Il faut savoir que l’affiche était à la base une peinture. Elle a une texture papier journal et la police du titre lui donne un aspect d’affiche de propagande. Ce qui peut rendre l’explication à notre propos c’est que la production UFA a été créée et au départ en 1917 dans un but de propagande politique et militaire.

Dans une première interprétation contextuelle : En 1927, Lénine vient de mourir, c’est le début de l’URSS de Staline et la montée au pouvoir progressive de Hitler. De fait, cette Métropolis, citée parfaite mais qui semble sous surveillance, peut nous faire penser à certains systèmes politiques en vigueur à l’époque (totalitarisme en URSS par exemple). De plus, cette police rouge clinquante attire l’œil mais semble à la fois nous avertir et dire : “ n’allez pas plus avant”. Les lignes de forces verticales semblent régir un ordre parfait, un code qui nous sous entend de ne pas aller à l’inverse de leur sens (à l’image de la société dictatoriale). 

Dans une deuxième interprétation en relation avec le synopsis : La mise en contre plongée de la ville pourrait être vue comme la domination des aristocrates. Nous serions dans la “ville basse” à hauteur d’homme de l’humanoïde. Il représenterait la classe populaire, dans un contexte où la montée du capitalisme impose un travail à la chaîne qui transformerait les travailleurs à l’état de robot. 

Enfin troisième interprétation : Le robot est nommé comme celui qui empêche les travailleurs de se révolter, de fait, somme nous face à lui mis en garde sur nos agissements. L’humanoïde donne à l’affiche une texture métallique, une ville sans émotions, sans bruit. Il nous sous-entend donc que l’on doit se taire. (A savoir, le film est muet, ce qui se ressent dans l’affiche et qui est un argument sémiologique intéressant à noter.)

→ Fritz Lang a réfuté toutes les interprétations faites. Finalement, c’est un  film lui-même sujet à débat quant à son interprétation mais qui visuellement sur l’affiche marque clairement une intention politique de dénoncer un système capitaliste.

Conclusion

Les affiches de SF ont d’abord pour but de promouvoir les films par différentes symboliques (le suspense, l’inconnu, la découverte d’un nouveau monde et des êtres qui vont avec) pour un public visé en général mais que l’on cherche à atteindre plus largement.

Cependant, la SF à tendance à décrire un futur sans doute plus sombre qu’il sera vraiment. En guise de prévention peut-être. Cela se retrouve sur certaines affiches (rôle de sensibilisation, avec une volonté anxiogène et alarmiste pour qu’on se réveille avant que ce qui se passe dans les films arrive pour de vrai.) Attention, notre perception des affiches change selon les époques (Quand on voit l’affiche à la date de sortie en 1927 par exemple, on ne voit pas la même chose de nos jours).  

Finalement, nous avons deux messages sémiologiques :  A la fois donner envie et sensibiliser.

Cet exposé a été réalisé par ma camarade Elodie et moi-même.

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