Mes études

Manifeste pour une poétique nouvelle.

Travail réalisé pour mon cours de rhétorique et créativité sur la base des trois textes suivant : Le Crapaud de Hugo, Le Crapaud de Corbière et Les Chants de Maldoror : Chant premier de Lautréamont.

Voici des poètes qui ne s’entendent sur rien mais aussi sur tout. Concilier les points de vue me dites-vous ? Une idée mais quelle idée ! Faut-il révolutionner la poétique ou faut-il laisser la révolution nous porter ? Faut-il écrire pour l’écriture, faire de la poésie pour la poésie simplement à la façon d’un Gautier ou d’un jeune Verlaine ? Ou encore régler et schématiser la poésie comme une société bien construite ? Sans aucune façon. Affligeantes, ces questions rhétoriques quand on sait que leur utilité les réduits à prouver que chacune des réponses se valent puisque qu’elles coexistent déjà.  

Le lexique en change et la forme aussi,

les idées se mélangent pour des rimes ravies. 

La chose est simple. Admettons un animal, faible, collant, crasseux. Mais un animal chantant. (Le crapaud donc, mais pourquoi pas aussi le lion de mer, à l’apparence pas plus raffinée.) Mettez cet animal dans une nature au paysage magnifique, et tentez de le mettre en valeur face à ce couchant ou cette brise nocturne à en faire fantasmer la jeune Jeanne du haut de sa fenêtre normande. La chose est moins simple. Usitons alors de cet oxymore analogique « Grave, il songeait ; l’horreur contemplait la splendeur. » pour faire une figure révolutionnaire ou un monstre acharné. Quelle différence. Ainsi nous avons une poétique d’Hugo, non loin d’une poétique de Baudelaire, le crapaud est doux mais aussi hideux. Que serait une révolution sans pourriture si ce n’est la conformité?  

Mais que faisons-nous du rythme ! Prenons les choses à l’envers et tronquons le vers, une rébellion de plus que cela peut-il faire ? 

« Les découpures du vert (ou du vers ?) sombre.… 

Un chant ; comme un écho, tout vif » s’en va exprimer par le biais d’une ponctuation chargée un lyrisme renouvelé. Et toi, trouves-tu Racine trop droit ? Trouves-tu que sa plume soit trop traditionnelle ou ne peut-on exprimer une idée sans devoir la saccadé par des enjambements mal lisibles ? Assez ! Je dis assez. Le tout doit être rassemblé.  

Il est temps pour moi de poser l’encre de ma plume. Comment pourrait-on détourner un sonnet sans l’avoir de prime abord créé ? Sur cette idée je pense que la poétique doit se trouver dans le cadre de son temps mais toujours libre d’être ce qu’elle a été sans devoir être critiquée. Elle a le droit de suivre un schéma strict sans pour autant ne pas dévier d’un alexandrin ou d’un recueil en désordre à l’inverse d’être « contre les crapauds » et de se demander « (pourquoi se sont-ils éloignés du marais ?) ». Elle peut tout à fait mêler le sublime et le grotesque d’Hugo, et quand bien même il faut en connaître la définition et les limites pour les qualifier ainsi. C’est ici que se construit la liberté totale puisqu’elles mêlent les genres, les idées si tant est qu’il y en a. Et si j’ai envie de parler de nature et simplement de cela j’ai le droit. Et si le crapaud qui s’y trouve est interprété comme le peuple soumis ou le poète maudit, fort bien. Doit-on accuser le poète de lui-même faire de son image un crapaud ou est-ce la société qui le considère ainsi ? Doit-on considérer l’âne comme vraie créature de dieu ou l’homme comme l’âme cruelle contrainte de tuer ou de torturer comme un chien enragé dans la nuit ? De belles mais écœurantes images que celles-ci. Néanmoins les crapauds de nos trois textes sont à la fois unis par le sens « poète tondu, sans aile et divergeant » recherchant leur propre expression, ils se différencient par la forme.

J’ai une fois discuté avec un auteur qui suivait son récit du bout de sa plume sans savoir par où aller. Suivant inconsciemment le chemin qui se traçait de l’autre côté de la colline. Son œuvre s’est révélée puissante et significative à bien des yeux, mais l’homme n’avait pas pensé à la moitié de ce qui en est ressorti. Après notre entrevue, il m’a remercié de l’avoir compris tout en ne sachant pas d’où il revenait.  

L’exemple nous en est donné, il est possible d’exprimer un même sentiment sous différente plume et manière de construire son lyrisme : classico classique, en poème déconstruit ou encore en prose poétique. Crapaud long ou crapaud court. Corbière nous disait « Vois-tu pas son œil de lumière… ». C’est ainsi que je vois de la poésie de nos jours, descendante du romantisme comme le roman du romanesque. Témoin des révoltes historiques et idéologiques. Libre d’être construite ou déconstruite, longue ou courte, rimée ou en prose, avec des interjections, un dialogue, à la première personne ou la millième, pleines de vers tronqués, boiteux ou harmonieux mais surtout diversifiée pour en montrer sa richesse propre.

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